On va commencer par le commencement. Il parait que c'est mieux. A vrai dire il n'y a pas de règle, mais, il parait que s'il on commence par la fin on ne distingue pas exactement les dires de notre interlocuteur. En gros, on ne comprend pas grand chose. Va savoir. Mais en même temps, Nous n'avons pas envie de déblatérer des heures pour vous dire que ceci est le premier article et qu'il ne s'agit pas d'un de ces blogs classiques à faire vomir par la fenêtre - enfin restons polis - ces choses magnifiques qu'on y trouve en pagaille. Alors trêve de bavardage, je ne vais pas vous expliquer le principe de ce blog créé par deux administrateurs, qui donneront naissance à des textes que vous, chers lecteurs, pourrez venir compléter en rédigeant la suite qui se combinera à une autre.

Oui, vous avez bien lu, c'est le premier blog interactif. Si vous le souhaitez vous pourrez en devenir administrateur - il suffit de demander. Vous n'avez rien à faire, juste avoir envie de lire nos (longs) textes et de faire partager les vôtres. Tentant, non ?

Donc vu que je sais que vous n'avez aucunement envie de rester scotchés des heures devant votre écran trop carré à lorgner sur un texte qui n'en finit pas de discourir sur des choses inintéressantes, je vous dirai juste un léger bonjour, ou bonsoir ( c'est à vous de voir), puis un au revoir (les adieux, c'est pour plus tard). Léger comme tout ce que vous trouverez ici... et pesant comme les pensées, les impudiques vérités que nous allons essayer de vous offrir.

Du rêve...
Des mots...
Des histoires...


Bienvenue



# Postato giovedì 28 febbraio 2008 19:24

Modificato lunedì 22 dicembre 2008 08:55

C'était une nuit bleue. Une de ces nuits où l'on sait avec certitude que le sommeil ne viendra pas. Lui le savait, cela faisait partie de ses habitudes familières qu'il avait renoncé à combattre. L'odeur âcre d'un café froid achevait de tacher les bords de la tasse posée négligemment sur le rebord du bureau. L'écran projetait la lumière clinique de son néon sur le visage impassible qui scrutait, à travers la blancheur de la page artificielle, un au-delà imperceptible sauf à lui-même.

Il éloigna son visage de l'ordinateur, se renversa à demi dans le fauteuil et, levant lentement les bras au-dessus de sa tête, s'étira en baillant longuement tel un vieux chat blasé qui ronronnerait dans un simple rélfexe mécanique. Peut-être les jointures de ses doigts, ou la première vertèbre juste sous le pli de la nuque, craquèrent-elles ; il n'y prêta aucune attention.

Ecrire. Il aurait bien voulu. Répondre à la commande de ce foutu éditeur pas même capable de pondre plus que les deux lignes de présentation au dos de chacun de ses romans à succès. Romancier à succès, oui. L'accomplissement d'une vie entière. Enfance tranquille et solitaire, puis quarante ans, quarante longues années derrière à aligner les mots, satisfaire les besoins et les envies de lecteurs toujours plus fidèles et exigeants. Un personnage récurrent, omniprésent, qui semblait peu à peu avoir pris sa place dans sa propre vie – chaque fois qu'il avait voulu changer de style, chaque fois qu'il avait tenté de supprimer ce héros désormais encombrant pour son talent, des monceaux de lettres de protestations l'en avaient empêché, ou la chute brutale des lignes de vente dans les statistiques des journaux spécialisés. L'inspecteur Finney, classique policier à gabardine des années cinquante, finirait par avoir sa peau. Et c'était pourtant par lui qu'il bouffait.

Mais ce soir était une nuit bleue. Une de ces nuits magiques où tout semble possible. Le téléphone posé à côté du clavier... L'appeler... Avoir le courage de l'appeler, une fois, une seule et dernière fois... Regard furtif vers l'appareil comme avec la peur de déranger son sommeil de machine. Lui qui était insomniaque...

Il se rappelait, ne luttant plus contre les souvenirs. Dix ans auparavant. Déjà dix ans, seulement dix ans. Une nuit bleue semblable à celle-ci. Une nuit pleine de promesses, de nuées translucides menaçant la tranquilité d'un ciel de février. Cette conversation au téléphone qui avait duré toute la nuit. Malgré les coupures, les pannes de batterie. La nécessité d'aller travailler, le lendemain. Des heures à parler sans réponses, car elle ne pouvait utiliser le portable en fin de vie qu'elle tenait dans sa main. Presque un monologue, et aucun écrit de ce qui devait rester son meilleur texte car le plus sincère...

Avoir le courage de revenir en arrière, de ne pas avoir de regrets, de l'appeler. Et si tout se passait différemment dans dix ans ? si elle était là, près de lui, son inspiration ?

Leila.

Ce soir-là il avait écrit un poème...

Finney devrait percer un nouveau mystère policier, dans la routine ronronnante d'une intrigue attendue et compassée. Un nouveau succès, l'éditeur serait content. Il mit le point final à la dernière page. Il enregistra son travail. Il alluma une cigarette. Il effaça de son écran de veille une photo vieille de dix ans. Il repoussa le portable d'une main.

Il se dirigea vers la fenêtre pour humer l'air frais de la nuit qui seul pourrait le faire se sentir encore vivant. La fumée de la cigarette s'égarait déjà lentement dans les reflets bleutés d'une nuit de février. Mais soudain son attention fut attirée par une tache blanche qui semblait voler dans l'air pur. Il ne pouvait détacher son regard. Enjambant imprudemment la balustrade, il se retrouva sur la gouttière à six mètres du sol. Le papier qui faisait la tache s'était posé à portée de main. Il le saisit, certain déjà de ce qu'il découvrirait. Il ne pouvait en croire ses yeux qui s'embuaient de larmes. Ce poème... Le poème écrit voici dix ans... Comment était-il arrivé là ?

Il se précipita à l'intérieur, bouleversé. Il tomba assis par terre, la tête entre les mains, le papier froissé entre les doigts. Pour la première fois depuis dix ans il retrouvait cette émotion intacte et troublante. Pour la première fois depuis si longtemps l'écrivain pleurait...

Et quand il reprit enfin ses esprits il se dirigea calmement vers le téléphone abandonné près de l'ordinateur. Il était certain que le répertoire contenait encore ce numéro, dix ans après. Et si ?... Il composa le numéro. Une voix trop familière à l'autre bout.

« Allo ?
- Leila... »



Djibril

# Postato giovedì 28 febbraio 2008 19:37

Modificato lunedì 22 dicembre 2008 09:03

Voilà un autre texte que vous pouvez continuer.. A vous de voir. Bonne chance et bonne lecture !


On ne badigeonne pas avec le sport


Et un, deux, trois, quatre.. Et un..
Ce qu'il y a de bien, lorsque l'on est en plein footing, c'est que l'on peut pratiquer deux choses en même temps. Apprendre à compter, pour les plus ignares et courir sans s'en lasser, pour les plus sportifs. Il y en a qui profitent de la situation en exorbitant leurs atouts majeurs. Ceux-ci aiment dérouter les jolies passantes en formulant des mouvements de va et vient avec leurs énormes muscles. Et puis, il y a les pauvres gringalets qui n'arrivent pas à faire un pas sans prendre une longue pause afin de reprendre une respiration qui est déjà à bout de souffle. Mais il y a aussi les demoiselles qui se ressourcent en parcourant quelques kilomètres, tôt, chaque matin.
Lise en fait partie. Elle avale les rues, chronomètre à la main. Certains diraient qu'elle veut se montrer comme une professionnelle en la matière. Elle les laisse parler dans leur coin, assis sur un banc. Ce sport quotidien appartient à sa vie. Elle ne peut s'en passer. C'est un peu comme un fumeur de longue date qui n'arriverait à lâcher la nicotine de sa cigarette. Elle, ce qui la possède, l'envie, lui manque, c'est l'adrénaline. Et si, comme une droguée, elle n'a pas sa dose, elle devient une stressée en permanence. Elle a une énergie à consommer. C'est devenu vital.

Ce matin là, elle s'était levée à 6h. Elle avait enfilé un large t-shirt délavé, qui ne la mettait nullement en valeur, et un short, vraiment court, qui laissait entrevoir ses genoux. Elle avait prit un fond de café, avait attaché ses cheveux et était partie de son appartement. Comme d'habitude, elle n'avait pas utilisé l'ascenseur. Elle était descendue par les escaliers en s'échauffant à vive allure. Et un, deux, trois, quatre.. Le refrain avait pu commencer.
Elle pointait ses cuisses le plus haut possible. Arrivée dans le grand boulevard, elle sautait, sautait, sautait. Les pigeons qui s'affairaient sur les quelques miettes délaissées la vieille, étaient effrayés par cette gymnastique insoutenable. Ils s'envolaient loin de la troublante écervelée, mais aussi, loin de leur repas. Lise sentait le froid lui parcourir les membres, le vent qui soufflait toujours plus fort et le regard appuyé des passants qui allaient nonchalamment au travail. Ils étaient forcés de se lever à cette heure. Ils trouvaient inadmissible qu'une jeune soit debout, fraîche, si tôt, alors qu'elle n'en avait pas l'obligation. Elle les devançait grâce à ses grandes enjambées. Ils lui voyaient un air narguant qui leur déplaisait beaucoup. Elle n'y faisait jamais attention. Elle continuait son chemin, les yeux fixés sur l'horizon. Elle aimait énormément avancer, la vision placée à un endroit donné. Elle s'imaginait sûre d'elle, ce qui était rare.
Elle s'était arrêtée devant la boulangerie qui faisait l'angle de la Rue Sainte-Sophie et de l'allée Marignan. Elle n'avait pas eu besoin de patienter : les clients potentiels dormaient ou devaient se réveiller. Elle avait demandé deux baguettes, comme chaque matin. Ses achats sous le bras, elle était repartie, en décrivant de nombreuses foulées. Son petit tour terminé, elle était rentrée chez elle par un léger sprint. Étrangement, elle était arrivée la première mais aussi la dernière.

Au seuil de sa porte, elle avait posé une main dans la petite poche de son short pour y ressortir ses clés. Il n'y avait rien. Croyant qu'elle avait mal fouillé, elle s'y était remise à deux fois, trois fois.. Voilà qu'elle se remettait à compter. Elle avait beau remuer son short, sa poche était toujours vide. Elle avait laissé tomber ses deux baguettes à terre et s'était pincée la lèvre supérieure. Elle avait le coeur qui battait son plein. Pas seulement d'essoufflement.

mO.

# Postato sabato 01 marzo 2008 06:17

Modificato lunedì 22 dicembre 2008 09:06

Pardon...

Pardon...
Rencontré sur internet, j'ai cette impression...
Tu représentes tout ce que j'ai toujours cherché...
Tout ou presque, il te manque le charme et la beauté
Sinon, tu incarnes pour mon esprit une passion

Ainsi, par pure curiosité et intuition,
Je t'ai permis de venir, toi, c'est insensé !
Tu utilises les plus beaux mots j'ai remarqué
Mais, malgré ce weekend à tes côtés, pardon...

Pardon de ne pas t'aimer d'amour, pardon
Aussi ignoble que c'la paraisse, fais attention !
La fatalité est dure à supporter oui

Je suis encore pleine de superficialité
Toi, Djibril, l'ombre de ma vie, puis-je t'aimer ?
Et puis vivre une véritable connivence, et puis...

# Postato sabato 08 marzo 2008 16:07

Modificato lunedì 22 dicembre 2008 09:41

Tout petit déjà, je n'avais merveilleusement pas le sens de la propriété.
Bardé des recommandations avisées de Maman, ne te laisse pas prendre tes affaires à l'école, je m'empressais, sur les chemins de ladite école, de laisser s'envoler lesdites avisées. Je m'enfiévrais aux chemins d'une école buissonnière, aux sentiers bordés des buissons ardents des connaissances miraculeuses, et aux épines méticuleuses de ces buis ténébreux j'abandonnais quelques lambeaux d'innocence. Mais je m'égare, lecteur.


Béni soit l'instituteur qui, entendant la litanie du « M'sieur ! Y m'a volé mes affaires ! » scandée à la mémoire d'une gomme subtilisée (car l'aigrefin est subtil) ou d'un stylo rouge effacé d'un revers de manche, saura désigner d'un doigt public le honteux quémandeur pour le clouer au pilori du matérialisme ! Mais bien que prolétaire, le socialisme étant comme on sait fort répandu dans l'Education Nationale, le zélé fonctionnaire parfaitement conditionné par la morale ne sait, dans la plupart des cas, intervenir qu'afin de résoudre l'énigme du vol, conformant inconsciemment la victime du larcin dans ses droits et ses certitudes de propriétaire bafoué et de plaignant légitime. Acte premier de la formation du citoyen consommateur, avaleur de lois et de droits, et en premier lieu le droit de posséder et de poursuivre en justice. Au grand désespoir de Maman, je n'attachai jamais la moindre importance aux choses, objets futilement utiles qui ne révélaient chez moi aucun sentiment d'aucune sorte, et surtout pas celui de la possession. Au grand dam du porte-monnaie de Maman qui se vidait en proportion de ce qui manquait au remplissage compensatoire de mon cartable. Pourtant, il faut bien le reconnaître, il est évident qu'il est assez désagréable de recevoir, le jour même de son anniversaire, une lettre de rupture.



# Postato venerdì 21 marzo 2008 05:49

Modificato lunedì 22 dicembre 2008 09:29